Papa a eu un petit coup de mou

Hello les amis !

Ça fait plus d’un mois que j’avais disparu du blog. Alors je reviens aujourd’hui te donner quelques nouvelles.

Si tu me suis sur Facebook, tu en as eu un petit peu mais sinon, je vais te faire un petit résumé.

Avant tout, je tiens à préciser que je n’incrimine personne pour ce qui m’arrive en ce moment (et depuis un moment). Disons que ma perception des événements est altérée par mon état mental. C’est le cas pour toi aussi d’ailleurs.

Il y a quelques mois, je te parlais du fiasco de l’annonce de la deuxième grossesse de MamanTrucs (l’article ici). Il se trouve que nos amis, n’avaient pas accueilli cette annonce de la manière attendue du tout.

Et ils ont clairement décidé de nous exclure purement et simplement du groupe. Ex. : Le meilleur pote de MamanTrucs a vu Lia pour la première fois, à 7 mois. Cela faisait donc 9 mois qu’on ne s’était pas vus… voilà voilà !

J’ai beau avoir essayé de garder la tête haute, le fait de perdre ses 8 potes d’un coup et de se retrouver seuls, ça met une gifle… (à vrai dire, une seule personne nous donne encore des nouvelles)

Juste avant le début de l’été, j’ai validé ma reconversion professionnelle en trouvant un emploi en tant que développeur web. J’étais manutentionnaire avant et après une formation de quelques mois, j’accédais enfin à mon domaine de prédilection, l’informatique.

A ce moment là, je sortais d’un an de chômage qui m’avait permis de me former, de voir un peu grandir mes enfants et d’assister aux premiers mois de Lia. C’était pour moi un tournant décisif dans ma vie personnelle et professionnelle.

Et puis une semaine après avoir commencé ce travail, l’accident bête : une rupture du tendon d’Achille en allant porter un papier à la sécu (l’ironie du sort).

Je me suis vautré dans la rue, pris d’une douleur intense dans le mollet. Les passants me regardaient d’un air étrange et aucun ne me proposa de me relever. J’ai beau être du genre optimiste, ce genre de situation peut me faire perdre foi en l’humanité. Je suis donc reparti en essayant de marcher avec cette douleur croissante.

Il faut vraiment pas avoir de bol après seulement une semaine de boulot.

Je me retrouve donc opéré et immobilisé 1 mois entier… (Normalement c’est 3 mois mais je ne pouvais pas attendre autant)

A ce moment là, mon entourage me plains mais pour moi ce n’est qu’un incident mineur. Rien de bien grave ! ça me passe complètement au dessus.

Ça a un peu stressé MamanTrucs que je sois obligé de rester immobile. Elle se retrouvait à devoir gérer nos trois enfants dont les jumeaux qui, comme par hasard, se sont mis à devenir les plus gros casse-c** de la terre. Insolents, surexcités et désobéissants.

La fatigue parlant d’elle-même, je pris régulièrement quelques réflexions dans les dents genre « je peux pas tout faire non-plus ». Je ne lui en veux vraiment pas. Ce fut un moment difficile pour elle aussi et me baladant en béquilles, je ne pouvais pas l’aider comme avant.

Je me sentais diminué et parfois même complètement inutile…

Au bout, d’un mois à harceler la sécu pour reprendre et en refusant la prolongation d’arrêt maladie, je reprends donc le travail. Mais je me déplace en béquille et ne peux pas conduire.

MamanTrucs a donc dû m’amener et venir me chercher au boulot pendant près d’un mois. Désolé pour elle…

Je t’avais dit que j’étais en période d’essai ? Et plein d’incertitude sur mes capacités dans le domaine du développement web, je me suis mis une pression de dingue. Je n’avais fait qu’une formation de 6 mois à distance pour apprendre ce métier et j’avais du coup quelques lacunes.

En plein doute, j’ai failli juste tout abandonner et retourner travailler comme manutentionnaire n’importe où. Je l’aurais sans doute regretté toute ma vie. J’étais submergé par la peur de l’échec, d’être rejeté à nouveau, de ne pas être à la hauteur.

Vu qu’une emmerde n’arrive jamais seul… un soir, en rentrant du travail, j’ai fracassé ma voiture dans une autre arrêtée à un feu rouge. Premier accident responsable depuis 16 ans… L’assurance m’a dis « oh ! c’est dommage ! vous êtes en bonus 50% depuis seulement quelques mois. Vous auriez eu l’accident l’année prochaine, vous le perdiez pas ! » (conna*** ! euh pardon.)

Je ne crois pas vraiment à la chance/malchance mais l’enchaînement de galères de cette année m’a un peu mis le doute. Sachant qu’au travail, j’ai comme surnom « LaGuigne »… C’était pour la blague mais bon.

 

Là n’est pas le problème

Comme je te le disais, j’ai du mal à croire à la chance/malchance.

Là n’est pas vraiment le problème.

Le véritable problème, c’est que je suis amer depuis trop longtemps.

Avant d’avoir été licencié de mon ancien travail, mon moral n’était déjà pas au top. Etant manutentionnaire, j’avais fini par réaliser que mon bonheur ne viendrait jamais de mon travail. Le fait d’aller travailler n’avait plus aucun sens. ça me rendait triste de savoir que je perdais mon temps à « gagner ma vie » sans même avoir la sensation de vivre.

Puis j’ai perdu ce travail, et ce fut l’occasion rêvée de changer de vie. Enfin je trouvais du sens, j’avais un but précis et le désir ardent d’y parvenir.

Je m’arrête là deux secondes pour t’écarter un doute… Bien sûr que ma femme et mes enfants donnaient un sens à ma vie. Mais j’avais un parasite dans la tête qui gâchait tout. Un mal insidieux avec lequel on vit sans s’en rendre compte. Et plus on supporte ce mal, moins on se rend compte qu’il est là.

En pensant, à la famille que nous avons construit, je culpabilisais de ne pas savourer ce bonheur.

Je suis assez cartésien en général. Je culpabilisais à cause de cette dissonance : l’écart entre le trésor que j’ai depuis toutes ces années et les sentiments en mon fort intérieur. Et je gardais ça pour moi parce que ce n’est pas la faute de mon entourage, mais uniquement une vision intérieur.

 

Je te disais qu’enfin j’avais trouvé un travail dans un domaine qui m’intéresse et qui me challenge. Parce que si je ne dois pas réfléchir, je m’ennuie…

Je devrais être aux anges et enfin sourire à la vie. Mais il y avait toujours cette peur et du coup la culpabilité de ne pouvoir savourer cette victoire.

Et puis un jour, m’a femme me confie à quel point je suis devenu horrible avec le monde. A quel point je suis devenu irrespectueux avec son père. Lui qui encaisse sans rien dire mes réflexions désobligeantes et mon sale caractère.

Je ne m’en rendais même pas compte. Et soudain, j’ai revu tous ces moments d’agressivité et toutes les fois où ma femme me demandais pourquoi je faisais la gueule.

Ça m’a rappelé ce petit parasite insidieux.

Imagines que tu as tout (absolument tout) pour être heureux et que tu te sens triste et vide comme un zombie, fatigué comme si tu avais une plaie ouverte en plein cœur qui te vide à chaque seconde.

Je te rassure. Cette sensation ne se présente que rarement et j’espère qu’elle ne reviendra pas car c’est douloureux. La plupart du temps, je me sens juste nuageux avec quelques moments de soleil clair amené par ma famille.

Au moment où j’écris, je me sens un peu mal parce que je ne veux pas faire souffrir mes proches mais je sais qu’ils souffriront en lisant ces lignes.

Je m’en excuse du fond du cœur. J’essaie d’exorciser cet situation. Et je me rend bien compte que mettre un mouchoir sur le problème ne le fait pas disparaître. Alors j’en parle enfin aujourd’hui après des mois, voire des années. J’ai essayé de faire de mon mieux pour préserver les autres jusque-là.

A ceux qui restent à nos côtés, je vous aime. A ceux qui partent je vous aimais.

A bientôt

Greg

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Un Commentaire

  1. Coucou…
    Je suis désolée de lire que tu te sens si mal… Je te comprends, il est tellement difficile de mettre des mots sur ce mal être qui nous ronge, cette peur de l’échec, ces sentiments incontrôlables et malheureusement on devient « agressif » sans le vouloir… Si tu as besoin, n’hésite pas, tu peux me biper. Sinon peut-être que voir un professionnel, quelqu’un d’extérieur te ferait du bien, ça m’a aidée quand j’en ai eu besoin.
    Chaudoudous à tous <3

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