L’arrivée de Lia

C’est l’histoire d’une femme enceinte qui va se faire épiler en prévision de l’accouchement et « splash » … Elle perd les eaux.

En fait, ce n’était que l’apogée d’une série de signes annonciateurs.
ça a commencé le 28 mars 2017 au soir (38SA). MamanTrucs se plaignait de douleurs à l’aine depuis quelques jours.

Maintenant, des contractions se faisaient sentir. Des contractions pas comme d’habitude…

En fin de grossesse, tu contractes forcément. Il y a moins de place pour bébé dans ton ventre, du coup le moindre de ses mouvements peut te stimuler et entraîner des contractions.

Ces contractions étaient plutôt douloureuses mais stable en intensité… Mais régulières et accompagnées de pertes de sang… Alors on s’affolait pas mais il y avait un peu de stress quand même.

Lors des préparations à la naissance, la sage-femme nous avait parlé du faux travail. Ces contractions sont douloureuses mais ne font pas du tout bouger le col et sont juste amplifiées parce qu’on se focalise dessus à mort. Dans ces cas-là, il ne vaut mieux pas sortir le chrono.
Prends juste deux spasfon et une douche chaude et vois si ça se calme.

C’est pour ça que j’essayais de rester serein quand même.

Ce petit coup de stress nous a quand même un peu alarmé.

On est mardi. Ma femme décide de déplacer tout ses rendez-vous de fin de semaine au lendemain.
Mais ça, on en parlera demain…

Epilation = surprise !

L'épilation enceinte

L’épilation enceinte… C’est risqué.

 

Nous sommes le 29 mars 2017…

Les rendez-vous du matin se passe bien et elle a rendez-vous à midi pour l’épilation du maillot

ça n’a rien d’une coquetterie. Mais il faut que tu le saches :

En cas d’opération (césarienne), les infirmiers sont sensés « nettoyer » la zone à traiter.

Et ça, ça passe par le rasage… avec tous les désagréments que ça peut engendrer…

Ben Ouais ! Ils ont pas fait un CAP Esthétique !

Je t’assure que tu n’as pas envie d’avoir des démangeaisons, irritations et poils sous la peau autour d’une cicatrice de césarienne…

Pendant ce temps-là, j’étais à la maison et je m’occupais des enfants.

Nous sommes mercredi, il n’y a pas école cette après-midi. Je les fais manger.

MamanTrucs m’envoie des messages pour me tenir au courant de son état.
Elle contracte bien…

Elle rentre vers 13h pour prendre une douche histoire d’enlever les restes de cire.

Je voulais lui préparer une salade.
Elle la refuse me disant que vu les contractions, il valait mieux qu’elle reste à jeun…

En gros, c’est pour aujourd’hui quoi !

Restons calme ! C’EST PAS L’HEURE DE STRESSER !!!!

Allô Chéri !

Allo chérie ! Panique pas !

Allo chérie ! Panique pas !

29 mars 2017 – 13h30

Elle repart pour son deuxième round d’épilation (les jambes) et je mets les enfants à la sieste.

Je suis retombé dans ce mélange de stress et d’excitation que je ressentais lors de la naissance de Lou et Léo. J’ai du mal à me concentrer. J’ai un site internet à finir et mon cerveau est à l’arrêt.

Elle avait rendez-vous à 14h… A 14h24, je reçois un message vocal :

Euh chérie ! Je viens de perdre les eaux sur la table d’épilation…
– Donc euh ! Voilà voilà !

Bon ben ! On se lance hein !

J’étais mort de rire, de mon côté, en imaginant la tête de l’esthéticienne choquée par la perte des eaux sur sa table.

MamanTrucs m’a raconté que l’esthéticienne désemparée lui avait demandé quoi faire…

Ben ! Arrachez moi la bande qui est collée là et c’est bon ! Je suis pas à trois minutes près…
Je vais juste vous emprunter la douche, des slips jetables, une serviette et un sac poubelle pour pas pourrir ma voiture si possible.

Les enfants dorment.
Mon stress monte.

Je mets la valise de maternité (heureusement, déjà complète !) dans la voiture.

J’ai le cœur qui bat à 240 bpm. C’est un moment hors du temps. C’est long et court à la fois.
Ce moment d’excitation me met le cerveau à l’envers…

Une douche en catastrophe

Une douche en catastrophe

On se prépare à partir

29 mars 2017 – 14h45

MamanTrucs a réussi à finir ses jambes et se fait conduire à la maison par mon beau-frère qui était dispo et pas très loin.

Ma chérie m’a raconté que celui-ci semblait désemparé dans la voiture lors des contractions. Ne sachant pas comment conduire… Saches que ralentir pendant la douleur ne la chasse pas…

Je réveille les enfants en douceur.
Inutile de les stresser en disparaissant pendant leur sommeil. Nous voulions leur dire au revoir et leur expliquer que leur petite sœur allait arriver.

Nous les préparions déjà depuis quelques semaines. En leur disant que quand la petite sœur allait venir, il faudrait que papa et maman aillent à l’hôpital pour la faire sortir, que maman devrait rester un peu à l’hôpital et qu’ils dormiraient quelques jours chez Papy et Mamie.

Maman rentre avec tonton et retourne sous la douche pour la cire restante mais surtout parce qu’elle a reperdu les eaux dans le salon en arrivant…

Quand tu perds les eaux, tu ne perds pas tout le liquide amniotique d’un coup. Tu en perds une partie et le bébé fait bouchon pour ce qui reste. Sachant aussi que le liquide se régénère en continu… Tu peux te dire que si tu perds régulièrement un liquide claire et visqueux, c’est qu’il faut filer à la maternité.

L’agitation, le mouvement du moment perturbe nos enfants.

Léo, inquiet, vient nous voir dans la salle de bain et ne comprend pas ce qui se passe.
(oui je lui lave toujours les jambes parce que c’est un peu difficile pour elle dans cette situation !)

Il sent le stress et ne sait pas comment le gérer. Normal, il a pas 4 ans …
On lui réexplique que sa petite sœur va arriver, que nous devons aller à l’hôpital pour qu’elle vienne, que tonton va les garder un peu mais que papa et maman reviendront bientôt.

Nous les quittons ensuite après de gros câlins.
Ils sont en pleurs.
Nos cœurs sont serrés.

Il faut y aller !

Le trajet en voiture

Sur la route de la maternité

Sur la route de la maternité

29 mars 2017 – 15h15

Sur la route de l’hôpital, je conduis prudemment mais vivement.
Les contractions s’accentuent. Et vu que la poche des eaux est rompue, rien ne les amortis… Elles sont encore plus douloureuses et plus rapprochées (toutes les 2/3 min)

MamanTrucs et moi décidons d’appeler l’hôpital afin qu’ils se préparent à nous recevoir.

Allo ! J’ai perdu les eaux et j’ai des contractions douloureuses !
– Ouh là ! Et bien venez madame !
– Merci mais je ne vous ai pas attendu…

Elle raccroche.
Je sens qu’elle stresse un peu.

Lia est en siège et donc c’est sûr que ce sera une césarienne.

Je suis un peu déçu mais MamanTrucs s’est faite une raison. Nous voulions tous les deux vivre un accouchement naturel. La vie n’était pas de notre avis.

Quand tu suis 2 parcours de PMA, tu finis par réaliser qu’on ne peut pas tout contrôler.

Je repense à la naissance des jumeaux. Les épreuves, le stress, tout ces tuyaux, monitoring et sonneries stressante.
Je me dis que là ou nous en sommes avec Lia, ça ne peut que bien se passer.

Je garde un petit espoir que Lia se soit retourné…
On ne sait jamais…

On arrive enfin.
C’est dingue le nombre de trucs auquel tu peux penser en 15 minutes de trajet !

J’ai un yorkshire sous amphétamines dans la tête…

L’arrivée à la maternité

L'arrivée à la maternité

L’arrivée à la maternité

Je ne sais plus l’heure qu’il est… j’ai arrêté de regarder.
On monte direct en maternité.

MamanTrucs contracte toujours.
Ce put^*$ d’ascenseur n’a jamais mis aussi longtemps pour arriver.

Au secrétariat du service maternité, je remplis les papiers d’admission pendant que ma moitié se tient à sa chaise…
Je laisse la valise maternité et le vanity devant la chambre individuelle qui nous a été attribuée (merci la mutuelle !)

Nous sommes ensuite conduit dans une salle d’examen toute proche.
A l’intérieure, un paravent devant la porte cache une table à étriers, une chaise sur laquelle je jette le sac à main de madame, des ustensiles médicaux et un bureau recouvert de papiers divers.
Je ne suis pas impressionné par la déco mais en même temps on n’est pas sensé rester là très longtemps…

Là, deux soignantes commencent à s’occuper de ma chérie. Pose de monitoring, prise de sang et hop, on enlève le bas madame !! (hors contexte c’est bizarre cette phrase)
Entre temps, je fournis à ces dames les informations médicales et administratives nécessaires. (analyses, carnet de santé et livret de famille)

A part ça, je ne sais pas trop où me placer dans cet pièce exiguë.
Je cherche des points de repères. Mon regard divague dans ce décor médical.
Mon esprit se fige sur les chiffres du monitoring (avec notre séjour en néonatologie d’il y a 4 ans, ça m’est familier)

Je cherche un moyen d’apaiser ma moitié qui traverse la douleur.
C’est la seule chose à laquelle je pourrais servir là, tout de suite…
C’est ce qu’on demande au futur papa en général.
J’essaye de lui caresser les cheveux, de lui prendre la main.

Elle me jette d’un geste assez explicite genre:
NE ME TOUCHES PAS !!

Je ne lui en tiens pas rigueur.

Elle a le souffle coupé par la douleur.
Elle ne sait pas quoi faire.
Moi non-plus.

Je suis désemparé.

C’est qui ce chauve ?

Rencontre avec un chauve

Rencontre avec un chauve

Soudain, un homme d’un certain âge (70 ans) entre dans la pièce sans ménagement… sans fermer la porte non-plus d’ailleurs… (heureusement qu’il y a un paravent devant)

Je me place entre lui et ma femme genre :

Euh ! Mec ! Tu t’es perdu là ! Donc tu vas sortir là !

Mais à en juger par l’absence de réaction des deux infirmières, il semblerait que ce chauve bedonnant soit en fait l’obstétricien…
Qui n’a pas du tout pris la peine de se présenter d’ailleurs.

Je donne un coup dans la porte pour protéger l’intimité de madame même si on commence à être nombreux là-dedans.

Une nouvelle vague douloureuse se rapproche.

Je lui prends la main.
(à ma femme hein ! pas au chauve !! Essayes de suivre STP…)
Elle garde la mienne. ouf !

Je sens à son étreinte que le vague commence à la submerger.
Et c’est le moment que choisit monsieur le docteur pour dire :

Bon ben. Je vais palper le ventre pour voir comment se présente bébé…

A la première palpation, MamanTrucs se crispe. Ma main me le fait sentir…
La douleur lui met les larmes aux yeux pendant qu’il continue à palper tout en disant :

Ah ! Mais y a une contraction là ! On va attendre qu’elle s’arrête… (sans pour autant arrêter de palper)
Ben arrêtes-toi alors ! PAUVRE CON ! (non ça je l’ai pas dit)

Pour info, une contraction ça dure 1 à 2 min… et c’est très long 2 minutes.
C’est comme la pire crampe que tu n’ai jamais eu de ta vie.
Au sommet de la vague, ton ventre, c’est un brique…
C’est une vague qui arrive progressivement et qui se retire.

La vague finit par se retirer.
Le gynéco en profite pour vérifier la dilatation.

A la réaction de ma femme, on aurait dit qu’il y mettait le bras entier.

Vous êtes à 4 madame et je sens des pieds !
– OK !

Après avoir laissé quelques consignes aux infirmières, monsieur quitte la pièce.
Nous ne le verrons plus jamais. La prochaine fois, il sera caché par un drap bleu.

On part au bloc.

Je suis Pierre Richard ou Dr House ?

Je suis Pierre Richard

Je suis Pierre Richard

Peu après la disparition du docteur chauve (qui, tu l’auras compris, n’a rien du docteur mamour), MamanTrucs fut préparée pour l’opération.

Après une rapide toilette à la bétadine pratiquée par autrui, on lui met une sonde urinaire de la taille de mon bras (oui ! encore !) sans anesthésie.
On finit de la déshabiller…

Je ne me rappelle pas le moment où c’est devenu un travail d’équipe d’un coup…

J’accompagne ensuite MamanTrucs sur les 3 mètres qui la sépare du brancard qui l’attend devant la porte.
A mon bras, elle marche en mode mamie à cause des contractions…
Elle s’installe dessus.

Vas savoir pourquoi, je ne réalisais pas qu’on allait au bloc là, tout de suite.
J’ai donc fait trois aller-retour entre la chaise et la porte sans savoir ce que je cherchais vraiment… une absence sans doute.

MamanTrucs commence à partir en lit à roulette, je prends toutes les affaires sur la chaise et je lui cours après avec la dextérité d’un poulain qui vient de naître…
Une infirmière m’explique que je n’ai pas besoin de tout ça au bloc.

Je lui jette le tas d’affaires inutiles dans les bras sans ménagement.
Elle n’est plus qu’un empilement de sacs, pulls, blouson…
Et j’emboîte le pas au brancard vers l’ascenseur de service.

J’ai les jambes trop grandes pour mon corps, ou en tout cas elles réagissent de manière désordonnée…

Nous descendons et cet ascenseur a l’air plus rapide que le précédent.
Dans les méandres de cet hôpital, je ne suis plus qu’un suiveur.
Gauche, droite, un couloir, une porte bleue…

Vous m’attendez là monsieur ? Je reviens vous chercher tout de suite…

Après un petit bisou d’au revoir, MamanTrucs disparaît derrière cette porte bleue.
Je suis seul dans le couloir.

L’infirmière réapparaît quelques instants plus tard une porte plus loin.
Elle m’invite dans un vestiaire entouré de casiers et m’offre une tenue à la « docteur house » et des sabots en plastique.

Vous gardez vos sous-vêtements et vous laissez le reste ici. Je reviens tout de suite…

D’accord ! D’accord !

En me déshabillant, je me surprends à me poser des questions :

– Qu’est-ce qui se passe du côté de ma chérie ?
(préparation du champs opératoire et péridurale)

– Qu’est-ce que je fais de ma montre ? de mon portable ?
(y a une poche sur la tenue jetable…)

– Quand tu as des collègues de boulot dont tu ne vois que les yeux, il faut être vachement physionomiste…

Une fois changé, j’attends…
Je vois passer des médecins et des nouveaux papas.
Quelques mots échangé avec ces derniers.
Je sens qu’ils essayent de me déstresser.

Je ne suis pas stressé mais excité, impatient.
Le moment de la rencontre approche et j’ai hâte…

Notre rencontre

Notre rencontre

Notre rencontre

Après quelques minutes d’attente, on vient me chercher.
A priori, un peu trop tôt puisque je me retrouve assis sur un tabouret dans le couloir devant le bloc.

Ce décor m’a l’air froid. Et pourtant, c’est ici que la vie commence.
Je n’ai qu’une hâte, c’est de retrouver ma moitié.

J’ai la tête emplie de musique…
Radiohead, Ben Harper et Aloé Blacc me tiennent compagnie pendant ces courtes minutes d’attente.

On vient enfin me chercher.
Je me lève fébrile de mon tabouret à roulette.

La porte du bloc opératoire s’ouvre et je sens un courant d’air frais me caresser le visage.
J’entre et vois MamanTrucs couchée en croix sur la table.
Un drap bleu cache son corps en dessous de sa poitrine (le champ opératoire).
Il fait frais mais je transpire…

Apparemment, mon attente avait servi à la pose de la péridurale parce que je retrouve ma chérie beaucoup plus détendue.
En général, les anesthésistes n’aime pas trop le faire en présence du père… vas savoir pourquoi.

En tout cas, elle m’a dit qu’elle était si soulagée qu’elle aurait presque embrassé l’anesthésiste…
Elle n’a plus de douleur. Nous sommes excités tous les deux.
Dans quelques minutes, notre famille passera au nombre de 5…

Nous plongeons nos regards l’un dans l’autre…
Le monde s’affaire autour de nous mais nous sommes seuls.
Ma chérie jauge ma tension. Nous sommes excités.

D’un coup, elle me le fait remarquer, ça sent le cochon brûlé. (brûles toi un ongle et tu sentiras la même odeur)
On entend le scalpel électrique faire son oeuvre.
C’est parti ! Notre petite Lia nous rejoindra bientôt.

J’entends mon chauve discuter de l’autre côté du drap avec une autre personne.
Il parle des cas rare de naissances de bébés né « coiffés » c’est à dire encore dans leur sac amniotique…
Je n’ai pas suivi le reste de la conversation parce que clairement, je m’en fout complet…

Le temps se distord à nouveau…
Une horloge numérique, accrochée au mur, peine à égrainer les minutes.
Et chaque minute passée nous rapproche de notre rencontre tant attendue.
Mes yeux font des aller-retours entre cette horloge et ma femme.
16h17 – 16h18 – 16h19…

16h22 – un cri
Une petite voix frêle.
La voix de Lia…

Après l’avoir enveloppée d’un papier, on nous présente enfin notre fille.
Elle est toute petite. Je ne me rappelais pas qu’un nouveau-né était si petit.
Pourtant quand les jumeaux sont nés, ils pesaient 1kg de moins…

Nous avons les larmes aux yeux.
Comme si nous venions de terminer un marathon.
Nous l’avons commencé des mois plus tôt…

Cette rencontre ne dure qu’un bref instant.
Il faut emmener Mam’zelle Bulle pour lui prodiguer les premiers soins.
Maman ne pouvant nous accompagner, je me charge de l’escorte.

Un petit bisou de maman à notre nouveau trésor et nous partons, Lia portée par une sage-femme et moi les suivant.

L’heure des câlins

L'heure des câlins

L’heure des câlins

Nous déambulons dans les couloirs jusqu’à une minuscule salle de soin.
Je ne sais pas si elle était loin à vrai dire. Je n’avais d’yeux que pour ma crevette.

Je suis encadré de deux soignantes.
L’une prélève le sang du cordon.
Je n’ai pas coupé le cordon, ça n’a aucun sens lors d’une césarienne.

Je lui demande pourquoi elle en prélève le sang.
Apparemment, c’est pour vérifier le taux d’oxygénation à la naissance…
Tu me diras si ça a été fait pour toi aussi. Perso, je vois pas l’intéret…

L’autre manipule ma miniature avec fermeté, aspire ses bronches, vérifie ses réflexes…

Je suis juste en admiration, tentant déjà d’imprimer en moi ce nouveau visage que j’apprendrai à connaitre pendant des années.

Le verdict tombe !
Tout va bien.
Lia est enveloppée dans une chaude couverture.

Je finis enfin par avoir mon enfant dans les bras pour la première fois.
Collée contre moi, je la sens encore plus minuscule.
Nous sortons de cette petite pièce de 2m² pour retourner au bloc.

Sur le chemin, je n’ai d’yeux que pour elle (Tulutu… tulututu… TA GUEULE PASCAL !!)
Je ne vois pas du tout la route, j’ai trop d’attention pour mon millésime (J’AI DIS LA FERME !!!)

Nous arrivons sans encombre et je m’approche fièrement de MamanTrucs.
Elle est toujours en croix sur sa table et son corps bouge de gauche à droite en cadence…
On est en train de nettoyer son uterus pour en retirer toute trace du placenta.
(Ce n’était pas sur un air de Pascal Obispo malheureusement car elle en est fan)

Je ressens le soulagement dans ses yeux.
Et les larmes lui montent à nouveau quand je lui montre sa fille, notre fille.
Je la dépose sur sa mère.
Joues contre joues, elles font connaissance à leur tour.

Nos sommes tous les trois unis dans une bulle de coton.
Après 10 minutes de douceur molletonnée, nous devons ressortir du bloc.
C’est qu’il y fait froid quand même pour un nouveau-né.
Et puis MamanTrucs doit encore attendre 2h pour que son corps se réveille.

Une sage-femme reprend Lia pour la mettre dans une couveuse.
Au moins, elle n’aura pas froid durant le trajet.
Nous remontons en maternité du côté des salles de naissance.

Après avoir mesuré et pesé Lia, elle m’est confiée à nouveau pour un peau à peau.
Je l’accepte avec joie. La sage-femme s’efface.
Nous avons une bonne heure et demi devant nous.

Seuls dans cette pièce, je suis assis sur un fauteuil de maternité en cuir bleu.
Les décorateurs de maternité n’ont ni le gout de l’esthétique ni du confort…
Mais qu’importe ! Nous sommes ensemble.

Le peau à peau dans les premiers instant de vie de ton enfant, c’est un moment délectable.
Un moment de lâcher-prise. Elle se laisse aller dans mes bras trop grand pour elle.
Elle s’endort paisiblement.

Je ne suis que béatitude.
J’essaie de la maintenir au chaud tout contre moi.
Je tombe presque de fatigue moi aussi. (pourtant j’ai rien fait. Je ne devrais pas être fatigué…)

Durant cette heure de câlins, on est venu voir plusieurs fois si tout allait bien.
On m’a demandé de vérifier si son identité était bien écrite.
Relire un document administratif dans cet état de concentration, c’est un peu hasardeux.

J’ai relu sans réaliser que c’était la déclaration officielle de l’identité de Lia.
Avec le recul, c’était vraiment pas le moment de faire ce genre de chose…
J’aurais pu l’appeler Brigitte pour déconner… Vas faire marche arrière à l’état civil après !!

Un peu après 18h, une soignante est venue me chercher pour me reconduire à notre chambre.
MamanTrucs venait de remonter de la salle de réveil.
Elle nous attendais sur son lit, un peu perturbée d’être arrivée avant nous.

C’est au tour de maman d’avoir son peau à peau avec Lia.
Elle se délecte à son tour.
Nous sommes soulagés.

Contrairement aux jumeaux, Lia est auprès de nous tout de suite.
Pas de fils de ventilation, pas de scope pour surveiller ses rythmes, pas de stress pour son état de santé.
Une rencontre dans une chambre de maternité normale.
Après avoir connu toutes ces épreuves, on se rend compte à quel point c’est bon.

Nous essayons bientôt la première mise au sein pour Lia.
Encore une chose qui nous était impossible pour les jumeaux.
Une nouvelle aventure commence maintenant.
Une aventure familiale.

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Après 10 jours, le récit de cette folle journée se termine ici.

J’ai adoré revivre ces moments avec toi.
J’espère que ça t’a plu.
Fais-le moi savoir en commentaire.

J’adorerai continuer alors si tu veux qu’on discute, je suis dispo.
Tu peux m’envoyer un message ou laisser un commentaire sur les sujets que tu veux aborder.

Si j’écris, c’est aussi pour toi…
Et si ce n’est pas encore fait, aimes la page trucs2papas.fr

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